Guillaume TIREL dit TAILLEVENT (1310/1395)

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Guillaume TIREL dit TAILLEVENT (1310/1395)

Cuisinier français né à Pont-Audemer vers 1310 (sa date de naissance exacte nous est inconnue) auteur de l'un des plus anciens livres de cuisine rédigé en français, "le Viandier"

On pense que le Viandier a été composé par Taillevent à l'instigation du roi Charles V le Sage qui protège les lettres et les arts et aime à demander des traités pratiques à ceux de ses sujets qu'il estime compétents. Le viandier serait donc antérieur à 1380 date de la mort de Charles V.

Le titre complet de l'ouvrage est : "Cy après sensuyt le viandier pour appareiller toutes manières de viandes que Taillevent queux du roy nostre sire fist tant pour abiller et appareiller bouilly, rousty, poissons de mer et d'eaue doulce, saulces, espices, et autres choses à ce convenables et nécessaires comme cy après sera dit".

Le mot "viande" est ici utilisé au sens latin de "vivenda" les aliments en général. D'où l'intéret de l'ouvrage , dans un premier temps, pour l'inventaire alimentaire du XIVème siècle. De nombreuses copies du Viandier circulèrent parmi les seigneurs et les maîtres queux avant que l'imprimerie ne le "popularise". La première édition connue semble dater de 1490, elle est composée en caractères gothiques; il y en aura onze autres jusqu'en 1520.

Son influence se fera sentir jusqu'à l'arrivée des chefs florentins avec Catherine de médicis et à la publication du "cuisinier français" de La Varenne (1651) qui introduisirent une nouvelle conception de l'art culinaire.

L'apport essentiel du Viandier réside dans la place accordée aux sauces épicées (safran, gingembre, poivre, cannelle) aux potages et aux ragouts qui permettent d'apprêter aussi bien viandes, volailles et gibiers que poissons de mer et de rivières. Par ailleurs l'emploi du verjus est caractéristique de même que les liaisons à la chapelure rôtie. Les modes de cuisson sont essentiellement le rôti et le bouilli, les apprêts farcis ou à base de hachis sont nombreux (pâtés, tourtes, flans).

Enfin il faut noter l'importance attribuée aux plats de carême, à la cuisine des jours "maigres" ou "gras" selon les prescriptions de l'Eglise. On dépeint souvent la cuisine de Taillevent comme une succession de mets lourds, compliqués ou trop richement épicés mais on trouve néanmoins parmi les recettes du Viandier, des apprêts plus simples, certaines formules étant pratiquement réalisables aujourd'hui sans presque rien y changer.